DOUZE BREVES RENCONTRES - TOME 1





UNE INCONNUE DANS LA MEDIATHEQUE V

QUAND LES ENQUETEURS JOUENT LE JEU OU MEURTRE SANS CADAVRE [ HORS LIGNE ] V

L'AFFAIRE KAULITZ X

TANT QUE BRILLERA LE SOLEIL X

LE MEURTRE DE SOLEDAD X

PERDUS DANS LA NUIT X

LA SEPTIEME PIERRE X

C'EST PAS MA FAUTE ! X

REFLET DU FUTUR X

L'ENIGME DU VASE BLEU X

L'HEURE EST VENUE X


MORTS SUR SCENE X







LES PERSONNAGES SERONT TOUJOURS LES MEMES :

MANON, 16 ANS
JULIETTE, 16 ANS
SARAH, 16 ANS

ELLES MENENT TOUJOURS LEURS ENQUETES ENSEMBLES ET SONT TOUJOURS PRETES A PARTIR A L'AVENTURE... MEME A L'AUTRE BOUT DU MONDE !!

BILL, 18 ANS
TOM, 18 ANS
GUSTAV, 19 ANS
GEORG, 2O ANS

OK, ILS ONT TOUS DES GUEULES D'ANGES MAIS LES APPARENCES PEUVENT ETRE SOUVENT TROMPEUSES... ET LES PLUS AVEUGLES NE SONT PAS CEUX QU'ON CROIT... SANS OUBLIER LES MANAGERS, MAIS ILS JOUERONT UN ROLE PLUS SECONDAIRE, DIRONS-NOUS

CAMILLE, 16 ANS
SANDRA, 17 ANS
NADIA, 17 ANS

L'UNE EST COMPLICE, L'AUTRE EST COEQUIPIERE, LA DERNIERE EST LA SUPERIEURE DES ENQUETEUSES... MAIS QUI EST QUI ?


A VOUS DE VOIR...







# Posté le jeudi 27 mars 2008 12:54

Modifié le mardi 11 novembre 2008 09:22

UNE INCONNUE DANS LA MEDIATHEQUE

Le jeune homme chantait de sa voix douce pour cette fille qui constituait son seul public. Celà faisait quatre mois qu'ils étaient "ensembles", bien qu'ils n'aient toujours pas eu le rapport qui officialisait cette relation*.

Lui était grand, brun aux yeux marrons très maquillés. Elle était un peu plus petite, brune aussi, avec de sublimes yeux marrons.
Il avait beau s'appeler Bill Kaulitz et être une star, quand il était avec elle, il était juste Bill. Les noms de "Kaulitz" et de "Tokio Hotel" n'existaient plus.

Les deux amoureux s'étaient réfugiés sur la couchette du chanteur. Cette fille, elle répondait au nom de Juliette et, avec Sarah et Manon, elle accompagnait le groupe dans tous leurs concerts.

A l'autre bout du bus, assis sur la banquette, prêt de la fenêtre, un garçon regardait dehors en rêvant. Ce garçon, c'était Tom. Tom Kaulitz, frère de sang et surtout frère jumeau de Bill.

Inépuisable séducteur dont toutes les filles rêvaient de goûter, un jour, à son pierçing, il n'avait pas l'habitude de rester avec l'une d'elles plus de deux nuits. Il tourna la tête et soupira.

Puis son regard se posa sur cette fille d'assez grande taille, aux cheveux châtains et aux yeux bleus, plutôt jolie, qui partageait son quotidien depuis sept-huis mois.
Il avait beau lui faire du pied et lui prendre la main, la jeune fille n'était pas encore tombée son piège et elle le "descendait" à coup de répliques cinglantes dès qu'elle le pouvait.

Cette fille c'était Manon et elle trouvait tout de même charmant ce guitariste amateur de jolies filles.

"Tu sais quoi ? fit la jeune fille
- Non quoi ?
- Bah, je m'ennuie à mourir, râla-t-elle
- Un DVD, ça te dit ?
- Ouais, OK"

Il se leva enfin de la banquette et se dirigea vers les profondeurs du bus. La voix de Bill et les rires de Juliette parvinrent à son oreille. Tom esquissa un sourire.
Il entra dans la médiathèque et telle ne fut pas sa surprise quand il vit l'affreux spectacle qui s'offrait à lui !

Un hurlement d'effroi lui échappa et quelques secondes plus tard, tous les habitants du bus, à savoir Gustav, Georg, Bill, Sarah, Juliette, Manon et les managers contemplaient la scène avec horreur.

Une jeune fille blonde se trouvait allongée inerte, sans vie. Elle gisait là, sur le sol comme une chose insolite, vulgaire, mélodramatique.

"Elle... elle est m-morte ? couina Manon.
- Certainement, affirma David Jost, manager en chef.
- Rassurez-moi, elle n'est pas vraie ? tenta de se raisonner Juliette.

- En tout cas, elle devait être jeune"

Le cadavre de la jeune femme était absolument invraisemblable. Ses cheveux trop blonds tombaient raides à peu près au niveau de sa taille. Elle portait une mini-jupe bleu électrique, un top moulant noir, des bottes blanches à talons aiguilles et tout un assortiment de bijoux. Elle était lourdement maquillée. La poudre et le fond de teint, en forte quantité ressortaient de façon grotesque sur le visage enflé et bleui de la victime.

Le fard à paupières et le rimmel avaient coulé sur ses joues déformées, le rouge de ses lèvres était semblable à une blessure. Quant aux ongles de ses mains, ils arboraient un vernir rose vif. Une silhouette clinquante, criarde, tape-à-l'oeil et tout à fait incongrue dans le confort solide de la médiathèque du bus.

Sarah, Juliette et Manon se regardèrent d'un air entendu : elles avaient une nouvelle énigme sur les bras. Qui dit énigme, dit mystère à percer, dit cause d'une mort à déterminer, dit assassin à retrouver.

Manon se ressaisit rapidement et s'agenouilla près du corps. En prenant garde de ne rien déplacer, elle laissa ses doigts parcourir le buste de la victime d'un geste expert.

"Alors ? Tu trouves Sherlock ? se moqua Tom.
- Tom ! On ne rigole pas avec ce genre de choses ! s'exclama Juliette, d'une voix perçante."

Manon poursuivit son examen sur le corps dur et glacé de la victime. Elle soupira lentement.

"A mon avis, il s'agit là d'une mort par strangulation. Elle ne doit pas être bien récente, une bonne semaine tout au moins, diagnostiqua-t-elle.
- Oui, mais quand et comment s'est-elle retrouvée dans le bus ? questionna Gustav.
- Je pense qu'elle était déjà morte avant d'atterrir ici. Est-ce que quelqu'un est entré dans la médiathèque avant que Tom ne découvre le corps ? interrogea Sarah.
- J'y suis allé avant-hier sur les coups de 15h, avoua Bill. Après, je ne sais pas. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il n'y avait pas de cadavre avant-hier après-midi.
- Et moi, j'y suis allé hier matin vers 10h et il n'y avait pas de cadavre non plus, ajouta Georg.
- Donc admettons qu'elle soit déjà morte avant d'arriver dans la médiathèque, son assassin a du déposer son corps entre hier vers 10h30 et ce matin 11h, réfléchit Juliette.
- Avant d'estimer quoi que ce soit, déclara Manon, il faut examiner le corps, trouver des indices, procéder à des analyses... Bref, nous allons donc nous répartir le travail. Les managers doivent à tout prix faire de leur mieux pour étouffer cette affaire. Les garçons doivent nous donner un compte-rendu exact de leurs actions des journées précédentes...
- Hey ! Mais c'est une violation de la vie privée ça ! protesta Tom.
- En effet, mais nous n'avons pas le choix ! A moins que tu préfères ruiner ta célébrité pour un crime qu'aucun d'entre vous, du moins je l'espère, n'a commis ! Et aussi, essayez de collecter le plus d'indices possibles pour nous aider à trouver une piste. Quant à Sarah, Ju' et moi, nous allons examiner le corps.
- Moi, je m'occupe de chercher des indices et des preuves partout dans le bus, décréta Juliette.
- Moi, j'analyse les indices et j'essaye de retrouver l'identité de la victime, décide Sarah.
- Et moi, j'examine le corps de plus près. Et si je ne trouve rien, je procéderais à une autopsie afin d'en savoir plus, déclara Manon."

Ainsi donc, chacun vaqua à son occupation. Sarah s'agenouilla près de Manon, sortit son ordinateur portable et attendit les premiers éléments que Manon réussirait à extraire. Juliette commença à fouiller le bus de fond en comble. Quand elle arriva aux couchettes des garçons, Tom eut une attitude plutôt étrange. Il refusait catégoriquement que Juliette s'approche de sa couchette. Il ne lui fournit pas plus de raisons. Sans se démonter Juliette continua tout de même ses fouilles. Et Manon trouva un cheveu noir, assez long, accroché au top de la victime. Ensuite, elle préleva un peu de salive de la fille qu'elle confia aussitôt à Sarah, qui l'analysa immédiatement.

"Notre victime s'appelle Amanda Guérin. Elle a eu 17 ans le 3 mars dernier, trouva Sarah.
- Parfait, à présent, voyons voir si elle porte des traces de coups ou de blessures avant de mourir étranglée, dit Manon."

A ce moment, Juliette entra dans la médiathèque, apparement énervée. Elle s'assit par terre entre Sarah et Manon. Dans sa main, un sachet en contenait plusieurs.

"T'as trouvé quelque chose ? demanda Sarah.
- Ouais, grogna Juliette. Une paire de gants en cuir, un morceau de tissu noir et une poignée de cheveux blonds. Croyez-moi, j'ai eû un mal de chien pour dénicher ces indices.
- Bah pourquoi ? s'étonna Manon.
- Ce cher monsieur Tom ne voulait pas que je regarde sa couchette pour trouver des indices. J'ai trouvé ça assez louche, si vous voulez mon avis. Je suis sûre qu'il fait exprès de nous mettre des bâtons dans les roues. Et de votre côté ?
- On a trouvé l'identité de la fille et Manon a trouvé un cheveu noir sur le débardeur de la fille, résuma Sarah. Un indice très précieux, insista-t-elle.
- Elle s'appelle Amanda Guérin et elle a 17 ans. On allait voir si elle porte des traces de blessures quand tu es arrivée, expliqua Manon.
- Allons-y ! encouragea Juliette. Après on retournera aux banquettes pour faire un compte-rendu sur ce début d'enquête aux garçons."

Les trois jeunes filles entamèrent un examen minutieux en quête de nouveaux indices. Une heure et demie passa, le filles ne s'en étaient pas aperçues tellement le travail qu'elles fournissaient demandait des efforts. Au final, la victime portait des traces au niveau des cuisses et du ventre. Les indices qu'avait trouvé Juliette correspondaient parfaitement. Les cheveux blonds et le morceau de tissu appartenaient bel et bien à Amanda. Quant aux gants, Juliette était persuadée qu'ils avaient servi à l'assassin pour étrangler la jeune fille sans laisser ses empruntes. Les trois jeunes filles se rendirent aux banquettes où se trouvaient Bill, Tom, Gustav et Georg. Le visage grave, elles s'assirent.

"Alors cette enquête ? demandèrent les garçons en choeur.
- Ca avance bien, mais c'est pas joli-joli cette affaire. D'autant plus que Manon possède une preuve contre Bill et moi, j'en ai deux contre Georg, déclara Juliette.
- Ah bon ? Et c'est quoi ? interrorent les deux concernés, surpris.
- Un cheveu de Bill a été trouvé sur le vêtement de la victime, ainsi qu'une poignée de cheveux blonds appartenant à la victime et une paire de gants en cuir sur la couchette de Georg, cita Juliette. Le seul point positif pour le moment, c'est que nous avons le nom de la victime. Amanda Guérin, 17 ans. Ca vous dit quelque chose ?"

Le silence tomba comme une masse et, mis à part Gustav qui restait normal, les garçons pâlirent d'un coup.

"Vous... vous la connaissiez, murmura Manon, les lèvres tremblantes.
- Non, non pas du tout, ironisa Tom, en prenant une voix nasillarde. C'était juste notre cousine à Bill et moi, mais non, on ne la connaissait pas... Pfff !
- Hey dis donc face de poulpe, gronda Juliette, hors d'elle. On ne pouvait pas le deviner qu'elle était ta cousine ! Alors t'es gentil mais tes remarques à deux balles, tu te les gardes !"

Sur le coup de la colère, bien qu'elle fut silencieuse, Manon se leva brusquement et se dirigea vers la médiathèque sans dire un mot. Le silence était lourd et Juliette fixait Tom d'un regard noir.

"Bah quoi ? demanda Tom, surpris.
- Pff... Imbécile, lâcha Juliette en se lavant à son tour. Tu pourrais au moins faire semblant d'être triste d'avoir perdu ta cousine !
- Mais... ? commença-t-il, de plus en plus surpris.
- Elles ont raison, t'es qu'un pauvre nul, renchérit Sarah, en emboîtant le pas à Juliette.

Tous les regards étaient à présent tournés vers Tom et le silence se faisait de plus en plus pesant. Pendant ce temps, dansla médiathèque, les trois jeunes filles reodublaient d'efforts dans la recherche de nouveaux indices. Un détail qu'elle avaient cependant ommis : rechercher et interroger les éventuels témoins ou les amis et membres de la famille d'Amanda. Tout à coup, Juliette réalisa queleque chose.

"Si on a retrouvé cette paire de gants, c'est qu'elle a forcément servi à quelque chose, s'exclama-t-elle. Mais pour deviner qui les portés et pourquoi, il faut procéder par élimination. Tom pourrait être le coupable idéal, il est indifférent de la mort de sa cousine et se comporte assez suspicieusement, mais je ne le vois pas porter des gants en cuir. Georg non plus. Ses doigts sont trop volumineux pour cette qualité de cuir. Gustav, lui, est plutôt discret et sait se faire oublier, cependant, j'ai du mal à le voir avec une paire de gants. Bill, lui serait parfaitement les porter.
- Oui mais, supposons, par simple hypothèse, que Bill soit l'assassin, tu crois vraiment qu'il laisserait traîner des preuves évidentes et qu'il les cache dans les banquettes de ses amis, questionna Sarah.
- Non, si Bill était vraiment le coupable, il se ferait oublier, exactement comme Gustav, commença Manon, en pleine réflexion. Attendez... Mais oui c'est évident !!! Il n'a pas réagi quand on a annoncé l'identité de la victime. Quant à Tom, on aurait dit qu'il était presque heureux d'apprendre cet évènement. Quant à Georg, je ne trouve pas de preuves à l'appui contre lui, donc je pense qu'on peut le rayer provisoirement de la liste des coupables éventuels. Après, il faudrait faire une autopsie pour avoir davantage d'éléments de solution. Mort par simple strangulation, je trouve ça un peu léger. Mais je peux très bien me tromper dans mes calculs..."

Manon se replongea dans son examen avant de pousser un hurlement strident. Tout le monde se précipita dans la médiathèque. En détective professionnelle, Manon avait légérement relevé la jupe d'Amanda pour trouver un morceau de verre fiché dans sa cuisse ce qui avit provoqué des écoulements de sang. Ce sang n'ayant pas pu couler correctement, il s'était coagulé en formant une croûte noire et fétide autour du morceau de verre. Puis elle fouilla dans les poches de la jupe et trouva un indice extrêmement précieux.

"Bon sang, mais vous êtes dingues de hurler comme ça, s'écria Tom.
- Mais on ne t'as rien demandé à toi ! Alors sois gentil et va te coucher, répondit Juliette. Nous, on a mieux à faire !
- J'ai trouvé un nouvel indice et peut-être même la solution du mystère !!! hurla Manon.
- C'est quoi cet indice ? questionna Tom, en se calmant.
- Un fiole de curare.
- Du curare ?? répéta Bill, interloqué.
- C'est du poison sous forme de poudre orange ou violette même blanche quelques fois, un peu comme le L.S.D., qu'on trouve dans les branches bambou, expliqua Manon, en examinant la fiole sous toutes es coutures. Ici, il s'agit d'une variété extrêmement rare et meurtrière, je me demande bien comment cette fiole a pu atterrir ici."

Tous les indices et preuves à l'appui avaient été soigneusement rangés. Un dossier qui était ouvert portait le nom de "Amanda Guérin, affaire 753A" tracé au feutre noir en lettres grossières. La fiole de curare fut rangée à son tour et les filles quittèrent la médiathèque. Sarah parut un peu nerveuse et partit précipitament en direction des couchettes.

"Heu... je... heu... dois chercher un truc pour Gus, prétexta-t-elle, en toute hâte.

Juliette et Manon ne dirent rien, car elles savaient que Sarah ne pinçait pour Gustav depuis longtemps. Aussi, elles ne tentèrent pas protester, mais elles préféraient rester sur leurs gardes tant que ce mystère ne serait pas élucidé. Elles s'assirent sur les banquettes en face des garçons, qui par ailleurs n'étaient que trois.

"Mais, où est Gustav ? interrogèrent Manon et Juliette.
- Et où est Sarah ? répliquèrent Bill, Tom et Georg.
- Je crois que j'ai compris, devinèrent-ils tous en choeur.
- Sinon, c'est quand votre prochain concert ? demanda Juliette ?
- Ce soir. On arrive à Düsseldorf dans une demi-heure, répondit Bill. Pourquoi ?
- Non, comme ça. C'est juste que le temps que vous arriviez sur place, que vous vous installiez dans les loges et tout et tout... Nous on va rester dans le bus, dit Manon.
- Pourquoi ? s'étonna Tom. Vous êtes sûres que vous ne voulez pas voir notre concert ?
- Si on avait le choix, on viendrait avec vous, mais on a une enquête sur les bras et il faut absolument qu'on réalise une autopsie... Avec ton accord, puisqu'Amanda est ta cousine, répondit Juliette.
- Tant que vous trouvez l'assassin et son mobile, vous avez carte blanche, décidèrent les jumeaux.

Les filles avalèrent rapidement un sandwich au jambon et elles se précipitèrent dans la médiathèque. Des gémissements et des gloussements parvinrent à leurs oreilles et elles se regardèrent d'un air entendu. Dans la médiathèque, elles se mirent à ge noux près du corps, enfilèrent une blouse blanche, des lunettes de protection et des gants. Juliette apporta le matériel nécessaire à l'autopsie et retira le top de la victime. Elles soufflèrent un bon coup.

"Prête ? demanda Juliette.
- Prête, répondit Manon.
- C'est parti."

Avec une aiguille fine, Manon incisa le corps au niveau de l'abdomen. Un frisson la parcourut, celà faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas pratiqué l'autopsie ! Juliette écarta la peau pour découvrir les organes d'Amanda. Elle retira les muscles et les boyaux inutiles et les déposa dans des vases, qu'on appelait au temps de l'Egypte ancienne, vases cannopes. L'opération venait à peine de commencer et déjà, leurs gants en latex étaient recouverts de sang. Les organes qui les intéressaient étaient l'estomac et le foie, l'utérus éventuellement. Juliette découpa lentement le muscle de l'estomac et commença à l'examiner, tandis que Manon s'occupait du foie. Elles avaient du sang partout sur les mains et sur les avant-bras, mais elles s'en moquaient complétement, tant qu'elles trouvent ce qu'elles cherchent, elles feraient l'impossible.

"Je crois que j'ai compris comment Amanda est morte, déclara Juliette, d'une voix neutre. Je peux aussi expliquer la présence du curare dans la poche de sa jupe.
- Moi aussi, j'ai trouvé pas mal d'éléments intéressants, répliqua Manon, sur le même ton. Mieux que ça, je crois qu'on tient le coupable.
- On pense à la même personne au moins, questionna Juliette.
- Si tu penses à un garçon blond et d'assez petite taille, alors oui, on pense à la même personne.
- Tu penses que c'est Gustav ?? s'étonna Juliette. Moi, je pencherais plutôt pour... A vrai dire, je ne sais pas. D'habitude, j'arrive à deviner qui est l'assassin assez rapidement, mais là, je n'y parviens pas. Je ne comprends plus, je suis perdue. Et si le meurtre d'Amanda n'était qu'un appât pour nous occuper pendant l'assassin commettait un autre meurtre ? J'ai tellement envie d'en finir avec cette affaire, parce que avec un meurtrier dans le bus, je ne me sens pas du tout en sécurité ! ajouta-t-elle, sur un ton de confession.
- Attends Juliette, si tu as le moindre doute et si tu as besoin de parler, ne t'en fais pas, Sarah et moi serons toujours là pour t'écouter, dit Manon, doucement. Mais comme Sarah est légérement occupée, dirons-nous, je suis donc seule à pouvoir t'aider, renchérit-elle, un sourire franc aux lèvres.
- C'est vraiment pas facile à dire ce que je vais t'avouer, murmura Juliette. Je crois que Sarah est en danger... Gustav avait déjà tout comploté derrière notre dos et ce depuis le début. Tu te souviens quand il prétextait des pauses extrêmement longues pendant les répétitions ? Et quand il revenait, il était tout bizarre comme s'il avait peur qu'on découvre quoi que ce soit.
- Tu veux dire que Gustav prévoyait la mort d'Amanda depuis huit mois environ ? Mais oui, c'est logique ! Tous les morceaux se recollent ! s'exclama Manon. La date aussi, il l'avait choisie depuis le début. Le 31 mars...
- L'anniversaire de Georg !
- Mais quel est le rapport entre l'anniversaire de Georg et la mort d'Amanda ? questionna Juliette. On répondra à cette question plus tard, en attendant, terminons l'autopsie."

En examinant l'utérus de la jeune fille, Manon avait trouvé un embryon dans la première phase de son développement. Agé d'une semaine au grand maximum. Ainsi donc, Amanda aurait été victime d'un viol... Manon releva la tête en même temps que Juliette et elles comprirent alors... Pas besoin de réfléchir plus longtemps, car elles savaient déjà tout. Aussi, elles dirigèrent simplement vers les banquettes, d'où Tom, Bill et Georg n'avaient pas bougés, en espérant un retour des deux jeunes inspectrices.

"Alors, s'inquiétèrent-ils, d 'une seule voix.
- Oh, on sait tout. L'assassin, son mobile, ses raisons de tuer et ses armes, déclara Juliette, en s'asseyant à côté de Bill, qui lui prit la main pour la première fois, depuis le début de l'enquête.
- Qui est l'assassin ? demanda alors Georg avec une vigueur qui était tout à fait inconnue vis-à-vis de ses amis. Pourquoi s'en est-il prit à Amanda ? Pourquoi elle ? Je veux tout savoir !
- C'est très simple, notre tueur préparait son coup depuis longtemps, huit mois, pour être précise, mais il n'est passé à l'action, il y a une semaine seulement. Il s'agit tout bêtement d'un crime passionnel. En effet, notre homme était fou amoureux d'Amanda, mais apparement cette dernière avait un autre homme dans sa vie. En l'apprenant, il a tout de même voulu franchir le cap. Amanda n'étant pas d'accord, il l'a d'abord violée. Il a ensuite craint qu'elle ne parle, alors il l'a empoisonnée avec le curare. Malheureusement pour lui, cette variété de curare n'a pas un effet immédiat, il l'a donc poignardée au ventre et aux cuisses. Ensuite, il y a planté un morceau de verre. Comme la jeune fille se battait du mieux qu'elle pouvait, il l'a ensuite ensuite étranglée avec une paire de gants appartenant à Bill. Il a ensuite arraché un seul cheveu à ce dernier et l'a laissé sur le vêtement de la victime, faisant ainsi croire à sa culpabilité. Quant aux cheveux blonds, l'assassin les a tout bêtement arrachés à Amanda et les a déposé avec la paire de gants sur la couchette de Georg. Mais un détail auquel il n'avait pas pensé : Georg ne porte jamais de gants en cuir, surtout d'une qualité aussi fine, expliqua Manon. Donc, le coupable ne peut être ni Bill ni Georg. Il nous reste Tom et Gustav. Bien sûr, Juliette et moi savons et nous en toucherons un mot à Sarah. Comme l'enquête progresse plus vite que prévu, il y a des chances pour qu'on puisse voir votre concert.
- Et quand allez-vous nous donner le nom du meurtrier, demanda Tom, en fixant Manon avec plus d'insistance que d'habitude.
- On vous le dira après le concert, répondit Juliette avec malice. Un indice, vous le connaissez.
- Heu... Manon, faut absolument que je te parle, dit Tom d'une toute petite voix, ce qui ne lui ressemblait pas. Viens s'il te plait, ajouta-t-il en lui prenant la main.
- Mais qu'est-ce que tu veux ?"

Manon suivit Tom docilement. Il marchèrent ainsi jusqu'à arriver au niveau des couchettes. Puis tout doucement, le jeune homme se colla contre la jeune fille, qui n'eut pas d'autre choix que de reculer contre le mur. Les mains de Tom se mettent à errer dans les cheveux de la jeune fille. Puis il se rapproche encore d'elle, de façon à ce qu'il n'y ait que un ou deux millimètres entre eux. Manon passe ses mains autour de la taille du jeune homme et elle commence à soutenir son regard.

"Ca fait des mois que j'attends ça, murmure-t-il, doucement. Des mois que je rêve de toucher tes cheveux..."

Manon ne répondit rien, elle essayait d'écouter les voix qui murmuraient des phrases difficilement compréhensibles. Et Tom qui ne l'aidait pas en murmurant des mots doux ! La jeune fille tendit l'oreille et elle put percevoir assez clairement les voix étouffées de Sarah et Gustav.

"Dis mon coeur, t'es sûre que les filles ne se doutent de rien ? demanda la voix anxieuse de Gustav.
- Non, ne t'inquiète pas, mais par pitié, fais en sorte que les autres ne devinent rien, répondit Sarah, sur le même ton.
- Dans combien de temps on pourra leur dire ?
- Après le concert."

Tout à coup, Manon comprit le fin mot de l'histoire. Non seulement Sarah n'était pas si innocente qu'elle en avait l'air; mais en plus elle avait trahi la confiance des autres pour mettre en place ce meurtre... C'est avec les larmes aux yeux que Manon fit demi tour et alla rejoindre Juliette et les garçons. Tom la rejoint quelques secondes après. Il arriva au moment où Manon fondit en larmes.

"Pourquoi tu pleures ? C'est Tom qui t'as fait du mal ? s'inquiéta Juliette.
- Non... Ce n'est pas de sa faute... C'est Sarah, sanglota Manon entre deux hoquets.
- Quoi Sarah ? paniqua Juliette. Elle s'est blessée ?
- Non justement. C'est moi qui suis blessée... mentalement, cracha Manon avec toue la haine qu'elle pouvait dégager. Ce que je vais vous dire va sûrement m'arracher le coeur, mais notre meurtrier n'était pas seul le soir du meurtre... Ce complice c'est... Sarah, dis-elle dans un murmure presque inaudible tellement sa gorge la brûlait.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? s'écrièrent les autres, d'une seule voix.
- C'est pourtant clair... SARAH A PARTICIPE AU MEURTRE D'AMANDA, dit-elle d'une voix forte en faisant sursauter ses voisins de table.

A ce moment, David fit son apparition en annoncant qu'ils étaient arrivés à Düsseldorf. Bill jeta un rapide coup d'oeil à la fenêtre en découvrant des milliers de jeunes filles assises par terre en attendant devant les portes de la salle de concert. Puis une des filles montra le bus du doigt et se mit à hurler, très vite imitée par d'autres filles. Elle se ruèrent sur le bus, mais elle se stoppèrent net en voyant Manon et Juliette en compagnie des garçons. Furieuses, elles repartirent. Pendant ce temps dans le bus, alors qu'un nouveau couple venait de se former, la seule fille célibataire de la troupe était au téléphone et sembalit avoir une conversation assez houleuse.

" Mais si je te le dis Sandra ! Ils sont deux à avoir manigancé cette histoire, répéta Manon pour la énième fois.
- Je te crois Manon ! Je viens de lire le rapport que Juliette m'a envoyé il y a une demi heure, maintenant, il faut trouver une peine pour eux. Mais il vaudrait mieux éviter la prison, répondit Sandra, la supérieure des jeunes inspectrices.- Ne t'en fais pas pour ça, j'ai une idée. Retrouve nous ce soir à Düsseldorf, dans la salle des fetes aux alentours de 22h30.
- Très bien, j'y serais, accepta Sandra. Fais moi penser que j'ai quelque chose d'important à vous annoncer.

Les heures passèrent lentement. Il ne restait plus que dix minutes avant le début du concert et les garçons avaient réussi à convaincre les filles de rester dans les loges en compagnie des managers. Juliette prit la parole.

" Hum, David, je voudrais vous demander une faveur...
- Oui, tout ce que tu voudras si c'est dans la mesure du possible.
- Ce soir aux alentours de 22h30, Sandra, notre supérieure doit passer nous voir ici. Vous pensez qu'il y a un moyen de la faire passer discrètement ?
- Pas de problème. Je vais prévenir Saki. A quoi ressemble votre supérieure ?"

Juliette lui tendit une photo de Sandra et David alla prévenir immédiatement Saki de l'arrivée de la jeune femme. Quand il revint, il annonca aux garçons que c'était l'heure. Pas rassurés, ni angoissés pour autant, les jeunes artistes entrèrent en scène en provoquant des cris, des évanouissements et des mouvements de foule.

# Posté le jeudi 27 mars 2008 13:58

Modifié le mardi 22 juillet 2008 04:52